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HUMAIN

En passant

HOMO SAPIENS

Homo sapiens, qui signifie « Homme savant » en latin ou Homme moderne, est une espèce de la famille des hominidés appartenant à l’ordre des primates. Plus communément appelé « homme », « humain », ou encore « être humain », il est le seul représentant actuel du genre Homo, les autres espèces, une quinzaine en l’état actuel des connaissances paléoanthropologiques, étant éteintes.

 

Parmi les hominidés actuels, il se distingue d’un point de vue physiologique par sa bipédie quasi-exclusive, son cerveau plus volumineux et son système pileux moins développé2,3. D’un point de vue éthologique, le genre Homo se distingue par la complexité de ses relations sociales, l’utilisation d’un langage articulé élaboré transmis par apprentissage, la fabrication d’outils, la maîtrise du feu, la domestication de nombreuses espèces végétales et animales, ainsi que l’aptitude de son système cognitif à l’abstraction et à l’introspection. Plus généralement, il se distingue de toute autre espèce animale actuelle par la complexité de ses réalisations techniques et artistiques, l’importance de l’apprentissage et de l’apport culturel dans le développement de l’individu, mais aussi par l’ampleur des transformations qu’il opère sur les écosystèmes4.

 

La science qui étudie l’homme sous tous ses aspects est l’anthropologie. Celle qui étudie son histoire évolutive est la paléoanthropologie.

 

APPELLATION

Nom scientifique

La dénomination binominale complète de l’espèce humaine est : Homo sapiens, Linnaeus 1758.

Homo constitue le nom de genre (au nominatif latin, avec première majuscule et en italique),

sapiens est un adjectif latin (en minuscule italique) signifiant « intelligent, sage, raisonnable, prudent », adjectif issu de sapio signifiant avoir du goût, de la saveur, du jugement, et qui désigne l’espèce,

Linnaeus identifie le nom du naturaliste qui a nommé et décrit l’espèce,

1758 situe l’année de publication de la diagnose, ou de sa validation.

 

Jusqu’en 2003, l’espèce Homo sapiens était subdivisée en deux groupes distincts, considérés comme deux sous-espèces, dont l’une était l’espèce humaine actuelle, et l’autre, une espèce cousine éteinte, celle de l’homme de Néandertal. Comme pour toute sous-espèce du règne animal la conséquence terminologique a été de créer des noms trinomiaux en rajoutant un adjectif, toujours latin (et en italique), après le nom d’espèce. C’est ainsi que l’espèce humaine était appelée Homo sapiens sapiens, et son cousin était appelé Homo sapiens neanderthalensis.

 

Depuis 2003, la majorité des scientifiques considèrent deux espèces séparées : Homo sapiens et Homo neanderthalensis.

 

APPELLATIONS COURANTES

Le mot français « homme » est une évolution du latin hominem, accusatif de homo, et se réfère avant toute chose à l’espèce Homo sapiens dans son ensemble (le nominatif homo a donné en français le pronom indéfini on5).

 

Le mot « homme », dans une deuxième acception, désigne aussi le mâle adulte, plus prosaïquement qualifié d’individu de sexe masculin (le latin classique utilisait, en ce sens, le mot vir, d’où dérivent les mots français « viril », « virilité »). Le terme « femme » pour sa part désigne la femelle adulte.

 

Les termes « garçon » et « fille » désignent respectivement le mâle et la femelle à leur stade infantile ou pubère. Ils renvoient aussi à l’individu adulte lorsque l’accent est mis sur la filiation.

 

On emploie aussi le terme « Humanité », au singulier et avec une majuscule, pour parler de l’espèce humaine dans son ensemble, ou pour désigner l’ensemble de la population humaine.

 

Certaines langues font la distinction entre l’homme « être humain » et l’homme « individu mâle » : par exemple le latin (homo = être humain et vir = être humain mâle), l’allemand (Mensch = être humain et Mann = être humain mâle) et le tchèque (?lov?k = être humain et muž = être humain mâle). En français, certains dialectes (dont celui de France) utilisent indistinctement le terme « homme » tantôt pour parler du mâle, tantôt pour parler de l’espèce, alors que d’autres (comme celui du Québec) préféreront les termes génériques « personne » et « humain » pour désigner un membre de l’espèce et réserveront la dénomination « homme » pour parler du mâle humain adulte. Les droits de l’Homme, par exemple, sont dénommés ainsi dans de nombreux pays francophones, mais, au Québec, on parle plutôt de « droits de la personne ».

 

Enfin, on peut mentionner l’emploi de la majuscule (Homme) pour distinguer l’espèce Homo sapiens de l’être humain mâle (homme).

ORIGINES

Article détaillé : Histoire évolutive des homininés.

Évolution simplifiée de la lignée humaine (Dates approximatives en années)

 

Les recherches en paléoanthropologie, ainsi que des études en génétique consistant en des comparaisons de l’ADN mitochondrial et du chromosome Y entre différentes populations humaines actuelles6 aboutissent à l’idée que la population humaine originelle se situait en Afrique, il y a approximativement 200 000 ans.

 

Les premiers représentants du genre Homo seraient apparus il y a environ 2,5 Ma.

 

L’un des éléments caractérisant le processus évolutif ayant accompagné l’émergence d’Homo sapiens serait la néoténie, c’est-à-dire une modification héréditaire du phénotype consistant en une persistance de caractères juvéniles à l’âge adulte. Certaines caractéristiques de la physiologie et de l’éthologie humaine actuelles seraient directement liées à la néoténie2.

 

FOSSILES HUMAINS

Les caractères dérivés propres au crâne humain
 
Pour les paléoanthropologues, les ossements fossiles d’hominidés peuvent être attribués à Homo sapiens s’ils présentent un certain nombre de critères distinctifs. Pour le crâne, ces critères comprennent une face réduite (angle facial entre 82 et 88 °), l’absence de bourrelet sus-orbitaire et un menton saillant.
 
De plus, ces caractères propres doivent être combinés à d’autres caractères comme un volume cérébral important, compris entre 1 400 cm3 et 1 600 cm3. Le fossile de l’homme de Florès n’a pas été attribué à Homo sapiens notamment en raison d’un volume cérébral de seulement 400 cm3.
 
Parmi les plus vieux ossements d’Homo sapiens connus pourraient figurer : 8 dents retrouvées dans la grotte de Quessem, à proximité de Tel Aviv, dont les plus vieilles seraient datées d’environ -400 000, hypothèse étudiée par M. Gopher et son équipe7. Figurent également deux crânes datés de -195 000 ans, et appelés Omo 1 et Omo 2. Viennent ensuite ceux de l’homme d’Herto, encore appelé Homo sapiens idaltu, datés d’environ -154 000 ans, puis les ossements de Qafzeh et Skhul en Israël/Palestine, datés respectivement de -97 000 et -80 000 ans. Parmi les fossiles célèbres, on compte ceux de l’homme de Cro-Magnon, datés de -35 000 ans et découverts en France.
 
Un autre représentant du genre Homo, Homo neanderthalensis, a fait son apparition en Europe il y a 250 000 ans et a été contemporain d’Homo sapiens jusqu’à sa disparition, il y a environ 28 000 ans. On ignore presque tout de la nature de leurs relations, mais une étude dirigée par Svante Pääbo de l’institut Max-Planck, publiée en mai 2010, montre que 4 % de l’ADN des populations européennes provient de Homo neanderthalensis8.
 
 « L’homme de Cro-Magnon » est un représentant des premiers Homo sapiens en Europe (-35 000 ans)
 
L’homme moderne et ses ancêtres immédiats ne sont plus considérés comme des Homo sapiens sapiens, selon l’ancienne dénomination trinomiale, mais comme des Homo sapiens, dont ils sont les seuls représentants. Les êtres humains actuels appartiennent à cette seule espèce, et sa subdivision en races est considérée comme non pertinente d’un point de vue biologique.
 
Historiquement, les premiers restes d’Homo sapiens fossile ont été découvert en 1823 au Pays de Galles : il s’agit de la dame rouge de Paviland (en).

 

L’APPARITION DE L’ESPÈCE HUMAINE

 

D’un point de vue scientifique, l’apparition de l’homme résulte d’une évolution biologique à partir d’espèces ancêtres, d’abord des eucaryotes, puis des vertébrés, des tétrapodes et des mammifères arboricoles présentant une allure générale évoquant certains singes actuels. Cette évolution depuis notre ancêtre commun le plus récent avec les chimpanzés est relativement bien documentée grâce aux fossiles, bien que des lacunes existent, en particulier pour la lignée évolutive qui mena aux chimpanzés. Le fait que les deux espèces de chimpanzé, Pan troglodytes et Pan paniscus, soient considérées comme les espèces vivantes les plus proches de l’Homme est aussi établie par la phylogénétique.

 

Les séparations des lignées ayant mené aux différentes espèces de primates actuels, dont le genre Homo, se sont produites de manière successive. La séparation la plus récente entre la lignée humaine et celle d’une autre espèce de primate a été la bifurcation des Homininés en Hominines (lignée humaine) et Panines (lignée des chimpanzés). Selon une équipe de la Harvard Medical School à Boston, cette séparation s’est faite il y a moins de 6,3 Ma9. Toutefois, ces travaux indiquent également que cette séparation a été progressive car la comparaison des séquences des chromosomes X d’Homo sapiens et du chimpanzé montre des similitudes qui semblent refléter une période de réhybridation entre des Hominines et des Panines. Une hybridation significative entre au moins une espèce de chimpanzé d’une part, des espèces d’australopithèque et probablement des espèces d’homme d’autre part, conduisant à des échanges de gènes entre les deux tribus, a dû exister pendant peut-être quatre millions d’années selon les auteurs de ces travaux.

 

Les mécanismes orientant cette évolution ne sont pas encore entièrement compris mais la sélection naturelle semble avoir joué un rôle important : l’environnement aurait guidé notre évolution récente bien que les facteurs environnementaux responsables n’ont pas encore tous été identifiés.

 

Les théories scientifiques se sont d’abord centrées sur l’évolution de la taille du cerveau qui aurait précédé chronologiquement les autres évolutions adaptatives de l’être humain (théorie du singe au gros cerveau). Toutefois, la découverte de Lucy qui avait une démarche déjà bipède mais un cerveau de faible volume vint infirmer cette hypothèse, la bipédie étant de loin plus ancienne que l’augmentation du volume cérébral. Des empreintes de pas fossilisées datant de 3,75 Ma, trouvées à Laetoli en Tanzanie, montrent une bipédie archaïque. Des empreintes comparables aux nôtres et datant de 1,51 à 1,52 Ma ont été trouvées au Kenya à Ileret10.

La variabilité de l’espèce humaine

 

Une étude, publiée en 2008 dans la revue Science, a été réalisée sur l’ADN de près d’un millier d’individus : la comparaison de 650 000 nucléotides chez 938 individus appartenant à 51 ethnies a montré que le génome des humains est identique à 99,9 %, soit une similitude qui ne se retrouve chez aucune autre espèce de mammifère. Elle est explicable par l’extrême jeunesse de l’espèce humaine car 60 000 ans ne sont pas suffisants pour permettre des grandes variations génétiques. Il existerait toutefois une variabilité très faible esquissée après la scission des populations ancestrales africaines en 7 branches isolés par des barrières géographiques. Ainsi une légère divergence génétique existerait entre les africains subsahariens, les européens, les habitants du Moyen-Orient, les asiatiques de l’Est, les asiatiques de l’Ouest, les océaniens et les indiens d’Amérique mais ces différences ne sont pas significatives puisqu’elles ne tiennent compte que d’un nombre relativement faible de nucléotides, les autres nucléotides pouvant grandement diverger, même au sein de l’un de ces « groupes ». Les mouvements de populations accélérés au sein de la société moderne vont probablement atténuer rapidement les quelques variantes génétiques apparues au cours de l’évolution de l’espèce humaine11.

Classification biologique
Les espèces actuellement les plus proches de l’humain sont les deux espèces de chimpanzé : Pan troglodytes (le chimpanzé commun) et Pan paniscus (le bonobo). Par leur proximité phylogénétique avec l’homme, viennent ensuite le gorille et l’orang-outan. Le génome des humains (d’une longueur approximative de 3,2 milliards de paires de nucléotides) ne diffère que de 0,27 % de celui des chimpanzés et de 0,65 % de celui des gorilles. Ces pourcentages conduisent à estimer que notre lignée s’est séparée de celle des chimpanzés il y a entre cinq et huit millions d’années, et des gorilles il y a entre huit et onze millions d’années.
La démarche phylogénétique part de l’idée que la vie évolue des formes les plus simples aux plus organisées, avec acquisition de plus en plus de caractéristiques nouvelles, même si des pertes secondaires de caractères peuvent se produire au sein des lignées. Ainsi, l’espèce humaine fait partie, comme toute autre espèce du vivant, de plusieurs groupes emboîtés dont chacun est caractérisé par un caractère nouveau, qui se rajoute à ceux déjà accumulés. L’espèce des homo sapiens est classée dans :
le groupe des eucaryotes (cellules avec un noyau), au même titre qu’un végétal ;
le règne animal, au même titre qu’une limace ;
les vertébrés (squelette osseux, colonne vertébrale…), au même titre qu’une grenouille ;
les mammifères (poils, allaitement…), au même titre qu’une souris ;
les primates (pouce opposable, vision binoculaire…), au même titre que les lémuriens.
Dans le groupe des primates, Homo sapiens fait partie12 des :
Haplorhiniens (plus de rhinarium, mais un nez), au même titre que les tarsiers ;
Simiiformes (arrière des orbites crâniennes fermées), au même titre que les ouistitis ;
Catarhiniens (narines dirigées vers le bas), au même titre que les colobes ou les babouins ;
Hominoïdes (pas de queue), au même titre que les gibbons ;
Hominoïdés, au même titre que l’orang-outan ;
Hominidés, au même titre que les gorilles ;
Homininés, au même titre que les chimpanzés et bonobos ;
Hominines, au même titre que les australopithèques (éteints), ardipithèques (éteints) et Paranthropus (éteints) ;
Homo sapiens appartient au genre Homo au même titre qu’Homo habilis, Homo erectus, l’homme de Néandertal ou l’homme de Flores (éteints).
Bien que le terme de race chez les humains soit encore employé, et que les notions de sous-espèce ou de variété soient utilisées dans le monde vivant, il n’existe aucune subdivision biologique à l’intérieur de l’espèce humaine.

Caractéristiques générales

L’évolution physique d’Homo sapiens
L’évolution vers Homo sapiens se caractérise par les éléments suivants :
expansion de la boîte crânienne et du volume du cerveau, en moyenne 1 400 cm3 (plus de deux fois celui des chimpanzés ou des gorilles). Pour certains anthropologues, la modification de la structure du cerveau est plus importante encore que l’augmentation de sa taille ;
diminution de la taille des canines ;
locomotion bipède, marche ; toutefois pour certains anthropologues, l’aptitude à courir est plus importante que l’aptitude à marcher. descente du larynx, ce qui permet le langage articulé.
Les liens entre ces éléments, leur valeur adaptative, et leur rôle dans l’organisation sociale est sujet à débat parmi les anthropologues. La taille moyenne des hommes, en 2010, en France, est de 1,75 m, et celle des femmes de 1,62 m, pour des masses respectives moyennes de 75 et 61 kg[réf. nécessaire]. Les données individuelles sont très variables autour de ces moyennes, avec une forte influence de facteurs environnementaux, des comportements et des régimes nutritionnels. Les moyennes elles-mêmes varient beaucoup selon les populations et les époques. v · d · m  Formule dentaire :
MÂCHOIRE SUPÉRIEURE
3          2          1          2          2          1          2          3
3          2          1          2          2          1          2          3
MÂCHOIRE INFÉRIEURE
Total : 32
 

DENTITION PERMANENTE HUMAINE

Les jeunes naissent avec une masse autour de 3 kg, et une taille d’environ 50 à 60 cm, après une gestation de neuf mois. Ils sont totalement dépendants à la naissance, et leur croissance dure plusieurs années. La maturité sexuelle survient entre 12 et 15 ans. La croissance des garçons continue souvent jusque vers 18 ans (la croissance se termine vers 21-25 ans avec la solidification de la clavicule). L’espérance de vie est très dépendante des conditions matérielles et de la disponibilité de soins médicaux. L’espérance de vie se situe aujourd’hui autour de 75 ans dans les pays les plus riches, et est inférieure à 40 ans dans les plus pauvres. Des cas isolés de longévité approchent 120 ans, et la personne ayant vécu le plus longtemps sans doute possible sur son âge est la Française Jeanne Calment, qui a vécu plus de 122 ans.
 

L’ÊTRE HUMAIN POSSÈDE 23 PAIRES DE CHROMOSOMES.

 
Contrairement aux autres hominidés, les membres antérieurs chez l’homme sont nettement plus courts que les membres postérieurs (les bras mesurent généralement les 3 quarts de la longueur des jambes), et ne sont pas habitués à la marche. On remarque la présence d’une voûte plantaire. Les jambes quant à elles sont plus longues que la hauteur du torse, et adaptées à la bipédie permanente.
 
DESCRIPTION PHYSIQUE GÉNÉRALE
Articles détaillés : Génétique humaine, Anatomie humaine, Stature et Masse corporelle humaine.
 

 
Homo sapiens est un primate dont la caractéristique physique la plus manifeste est sa station debout : la colonne vertébrale est redressée et les membres antérieurs ne s’appuient pas sur le sol.
 
La hauteur d’un individu adulte est généralement comprise entre 1,40 et 2 m. Cet écart peut néanmoins s’étendre d’environ 70 cm à environ 2,70 m, dans les deux extrêmes du nanisme et du gigantisme. Le poids moyen est d’environ 80 kg.
 
Par rapport aux autres espèces de primates, sa pilosité est beaucoup moins importante2 ; celle-ci est essentiellement limitée à certaines parties du corps, notamment le cuir chevelu, les aisselles, et le pubis.
 
La couleur de la peau humaine présente une grande variété (noire, marron, beige ou rosée), liée à la présence plus ou moins abondante de mélanine, un pigment brun filtrant les rayons ultraviolets. Les couleurs les moins sombres correspondent aux populations non originaires de la zone intertropicale. Elles constituent une adaptation génétique à une insolation moins importante13,14. En Afrique, les albinos sont sujets à des cancers de la peau de manière plus fréquente que les individus ayant une production de mélanine normale15. L’homme a besoin du soleil pour assurer sa survie. Plus il s’est trouvé sous des latitudes de faible ensoleillement, plus sa peau s’est éclaircie pour lui permettre de recevoir la dose de soleil nécessaire pour la synthèse de la vitamine D. La peau noire a un très haut pouvoir filtrant, mais la dépigmentation régressive de l’homme noir à l’homme blanc a suivi la migration climatique des nouveaux espaces13.
 
La peau humaine se ride, s’amincit et perd son élasticité avec l’âge. Le phénomène de perte de l’élasticité de la peau peut être observé par le test consistant à pincer et à tirer légèrement la peau du dessus de la main et à mesurer le temps qu’elle met pour reprendre son aspect normal une fois relâchée. L’écart entre un sujet jeune et un sujet âgé est d’environ une seconde. Certaines pratiques à visée ornementale ou rituelle peuvent modifier l’aspect de la peau et y faire apparaître des motifs divers16.
 
Les humains présentent plusieurs caractères sexuels secondaires. La femme montre une pilosité moins abondante sur le corps, à l’exception notable du cuir chevelu. En effet le cycle de croissance des cheveux est de cinq ans chez la femme, et de trois ans chez l’homme. Les cheveux poussent aussi plus rapidement chez la femme, ce qui, combiné à des facteurs culturels, peut expliquer que sa chevelure est souvent plus longue que celle de l’homme. La femme a des seins proéminents en-dehors même des périodes de gestation et d’allaitement, une tessiture vocale haute, un bassin plus large et un rapport taille-hanche inférieur. Chez l’adulte de sexe masculin, la pilosité est en général plus abondante, le bassin est étroit, la musculature plus puissante, la voix plus grave, etc. Toute considération ethnique mise à part, la couleur de la peau est plus sombre chez l’homme que chez la femme. Cette différence serait due à l’influence de certains œstrogènes sur la sécrétion de mélanine17.
 
L’humain porte généralement des vêtements, recouvrant presque toujours au moins les parties génitales. Cet usage de vêtements ou de peaux d’animaux pour dissimuler les parties génitales est très ancien2. Des outils et accessoires divers, comme des lunettes ou une canne, sont aussi parfois utilisés.
 

APTITUDES PHYSIQUES

 
Contrairement à la plupart des autres primates, l’être humain n’est que peu apte à la brachiation. Seul un individu jeune et en bonne santé peut, après entraînement, effectuer ce type de locomotion. L’anatomie humaine conserve cependant les caractéristiques associées que sont la flexibilité des épaules permettant de lever les bras au-dessus du corps, ainsi que les mains préhensiles.
 
L’homme est par contre spécialisé dans la bipédie, dont il maîtrise parfaitement les deux allures : la marche et la course. Sa marche est plantigrade, mais sa course peut être digitigrade aux allures les plus rapides. Il marche à une vitesse de quelques km/h, et court à des vitesses comprises entre 6 et 30 km/h. Après entraînement, certains individus sont capables, départ arrêté, de parcourir cent mètres en moins de dix secondes18.
 
La marche et la course sur de longues distances sont favorisées par l’absence de pelage, qui contribue à la thermorégulation en favorisant la sudation. Cette aptitude à la marche, déjà présente chez Homo erectus, a très certainement contribué aux premières colonisations des différents continents[réf. nécessaire]. Les ossements d’Homo erectus comptent en effet parmi les plus anciens restes d’Homininés découverts hors du continent africain.
 
L’homme est capable, de manière occasionnelle et selon les situations, de ramper, grimper, sauter. L’homme semble aussi avoir des prédispositions naturelles à la nage (absence de pilosité, étanchéité parfaite des lèvres fermées, horizontalité des fosses nasales, contrôle efficace de la respiration, etc.), et même à l’apnée: il manifeste par exemple un réflexe bradycharde à l’immersion, et ses poumons peuvent recevoir un afflux supplémentaire de sang afin de compenser l’excès de pression à partir de trente mètres. Ce phénomène, appelé transfert sanguin ou blood shift (en), a longtemps été cru limité aux seuls mammifères aquatiques (cf. apnée). Ces prédispositions font partie des éléments qui corroborent l’hypothèse d’un passage transitoire à un mode de vie aquatique ou semi-aquatique au cours de l’hominisation (cf théorie du primate aquatique).
 
Les aptitudes physiques de l’être humain présentent un dimorphisme sexuel, la puissance musculaire et l’endurance des femmes étant inférieures à celles des hommes. À titre indicatif, l’actuel record du monde de l’épreuve féminine du 100 mètres est de 10 s 49, contre 9 s 58 pour l’épreuve masculine.

Aptitudes cognitives

 
De tous les animaux à système nerveux central, l’homme est probablement celui qui a le cerveau le plus développé et performant. Ses seuls rivaux dans ce domaine sont certains cétacés. Les capacités de l’esprit humain notamment en termes de mémoire, d’imagination et d’abstraction sont probablement ce qui explique le mieux le succès évolutif de l’espèce.
 
L’homme est capable d’appréhender les règles qui organisent le monde qui l’entoure, de près comme de loin : du mouvement des astres aux lois qui structurent la matière, en passant par les règles qui organisent l’espace et les principes nécessaires à l’induction.
 
Plus précisément, on peut dire que depuis le milieu du XXe siècle, Homo sapiens est capable d’appréhender toutes les règles qui régissent l’organisation du monde visible, à l’exception de celles qui sont à l’origine des forces subatomiques, et des raisons qui font que la matière courbe l’espace-temps. En effet selon le prix Nobel de physique Richard Feynman, ces deux domaines sont les seuls qui ne sont pas couverts par l’Électrodynamique quantique19,20.
 
Cette aptitude à comprendre le monde s’est traduite, au cours des deux derniers millénaires, par l’accumulation d’un ensemble de connaissances appelées « sciences » et le développement d’outils divers appelés « techniques ». L’attitude plus générale qui consiste à clarifier sa pensée et à chercher à comprendre le monde par-delà les seules considérations matérielles, est quant à elle appelée philosophie.
 
Cependant ces savoirs collectifs résultent de l’échange et de la spécialisation. La totalité des connaissances n’est jamais maîtrisée par un seul individu.
 
Comme d’autres mammifères supérieurs[réf. nécessaire], l’être humain met en jeu ses capacités cognitives dès le stade infantile, lors des apprentissages et à travers le jeu.
 
Les capacités cognitives de l’être humain lui permettent d’avoir conscience de lui-même. Comme quelques espèces animales, il réussit systématiquement le test du miroir.
 
Selon certains auteurs21,22, les capacités cognitives d’Homo sapiens présenteraient elles aussi un certain dimorphisme sexuel : les femmes seraient, en moyenne, plus aptes à maîtriser les subtilités du langage et auraient plus d’adresse manuelle, alors que les hommes seraient plus performants en matière d’orientation dans l’espace et de raisonnement logique.
 
Selon d’autres, comme Catherine Vidal (neurobiologiste)23,24 ou Guillaume Carnino25, il n’y a pas de dimorphisme sexuel en ce qui concerne les capacités cognitives. Le cerveau humain étant extrêmement plastique, ce sont l’éducation ou la culture qui peuvent induire des différences de capacités cognitives entre les sexes.
 

RÉGIME ALIMENTAIRE

 
Homo sapiens, bien que dépourvu de l’aptitude à digérer la cellulose, est omnivore ;[réf. nécessaire] ainsi, un humain végétarien, ou un humain zoophage, demeurent, au niveau strictement biologique, omnivore  : l’alimentation humaine est donc une attitude culturelle avant tout, et l’humanité dans son ensemble n’est pas « omnivore » culturellement (le cannibalisme par exemple est une pratique très minoritaire au sein de l’humanité actuelle ; et même chez les humains pratiquant l’anthropophagie, des interdits alimentaires existent (l’animal totémique de la tribu n’était jamais tué, mais vénéré), comme de facto il y a des interdits alimentaires sur la consommation de viande de chiens et de chats en Occident).
 
Initialement chasseurs-cueilleurs, les humains forment depuis le Néolithique des sociétés de producteurs basées sur l’agriculture et l’élevage.
 
De nos jours, les hommes dans leur ensemble consomment des aliments très diversifiés, qu’ils soient d’origine végétale ou animale. La base de leur alimentation est toutefois constituée de féculents, issus en particulier de trois céréales: le blé, le maïs et le riz. Cette propension à consommer des féculents semble être une spécialisation humaine: le taux d’amylase dans la salive humaine est en effet de six à huit fois plus élevé que dans la salive d’autres hominidés comme le chimpanzé26. Avant l’essor des céréales au néolithique, les hommes devaient probablement se procurer des féculents par la consommation de tubercules. Cet usage s’est conservé jusqu’à nos jours, notamment depuis l’expansion de la pomme de terre après l’échange colombien.
 
Une particularité de l’alimentation humaine est que la plupart des aliments sont cuits, en particulier la viande. Outre la facilitation de la digestion, la cuisson améliore l’innocuité bactériologique des aliments.
 
Normalement un adulte présente, comme pour la plupart des mammifères, une intolérance au lactose. Cependant une mutation génétique serait apparue et sélectionnée favorablement il y a environ dix mille ans dans certaines régions d’Europe et d’Afrique, probablement en raison de l’essor de l’élevage de bétail dans ces régions. De nos jours, environ 15 % de la population mondiale présente une tolérance au lactose à l’âge adulte. L’essentiel de cette population est située en Europe et en Afrique.
 
L’humain possède une appétence prononcée pour certaines saveurs, notamment le salé et le sucré, que l’on retrouve normalement assez peu dans les aliments naturels.
 
Dès le Néolithique, la plupart des sociétés humaines ont fait fermenter des jus de fruits divers ou autres solutions végétales, afin d’en obtenir une boisson alcoolisée. L’alcool a en effet longtemps été le moyen le plus simple d’assurer l’asepsie des boissons et ainsi de permettre le transport de l’eau sur de longues distances, ou son stockage pendant de longues périodes.
 
L’ensemble des habitudes alimentaires de chaque culture est regroupé sous le terme de gastronomie.
 

REPRODUCTION

Conception

Une femme enceinte

Humain en bas-âge. On remarquera à la fois le sourire et la chevelure déjà abondante

Comme tous les mammifères placentaires, l’espèce humaine est vivipare. Les soins apportés aux jeunes sont importants.

La puberté se manifeste en moyenne vers l’âge de 12 à 15 ans. La ménarche intervient chez les jeunes filles vers l’âge de 11 ans (parfois dès l’âge de 8 ans)[réf. nécessaire]. Pour les garçons, la capacité à procréer est en théorie continue, de la puberté jusqu’à la fin de la vie. Chez la femme, cette capacité disparaît à la ménopause qui survient entre 40 et 50 ans (certaines femmes sont ménopausées dès l’âge de 35 ans). La ménopause n’existe chez aucune autre espèce de primate27. Chez les autres femelles de primates, la fécondité diminue avec l’âge, mais cela ne se produit pas de la façon soudaine ni avec les symptômes secondaires caractéristiques que l’on observe chez la femme (bouffées de chaleurs, sécheresse vaginale et cutanée, etc.)27. La ménopause pourrait être un avantage sélectif acquis au cours de l’hominisation28. L’andropause chez l’homme n’est pas l’équivalent de la ménopause chez la femme.

Le cycle ovarien dure environ 28 jours et est marqué par les menstruations. Contrairement à la plupart des femelles primates, la femme ne manifeste pas de chaleurs et la période de meilleure fécondité n’est donc pas directement décelable par les mâles2,27. Cependant, il est avéré que le comportement des femmes, en particulier lors de la recherche d’un partenaire sexuel, est sensiblement différent pendant l’œstrus29. L’homme quant à lui serait plus attiré par les femmes en période d’ovulation, en raison de modifications physiques de la femme30.

Les hommes et les femmes, à l’instar des bonobos ou des chimpanzés[réf. nécessaire], peuvent pratiquer le coït de façon ludique ou sociale, ou avoir des pratiques sexuelles à visée non reproductive, comme l’homosexualité ou la sexualité orale. Le coït est souvent la manifestation d’un très fort attachement affectif et émotionnel. Il est le plus souvent nocturne et fait l’objet de préliminaires2. La masturbation est également pratiquée par les deux sexes et à tous âges.

Chez l’humain il n’existe pas à proprement parler de parade nuptiale et même si certaines occasions, différentes selon les cultures, peuvent s’avérer plus propice que d’autres à la formation de couples. Le coït peut s’effectuer selon diverses positions.

Du fait de sa station debout, les parties génitales de la femme sont invisibles. Selon certains auteurs, la femme parviendrait néanmoins à exciter sexuellement l’homme en exhibant sa poitrine et ses lèvres, dont les formes, inhabituelles pour une femelle primate, auraient évolué pour évoquer respectivement celles de ses fesses et de sa vulve27. Cette théorie reste toutefois controversée.

Bien que le coït reste la principale méthode de fécondation, la femme peut avoir recours à des techniques de procréation médicale assistée, telles que l’insémination artificielle et la fécondation in vitro, que ce soit dans le cadre de la lutte contre la stérilité, ou pour les femmes célibataires ou en couple homosexuel. Inversement, les êtres humains ont la particularité de pouvoir contrôler et réduire consciemment leur fécondité en empêchant la fécondation lors du coït, par diverses méthodes dites de contraception.

GESTATION

Pour l’espèce humaine, la gestation est appelée grossesse et dure environ neuf mois. Elle est le plus souvent monoembryonnaire, même si une grossesse sur quarante[réf. nécessaire] est gémellaire. La parturition est appelée accouchement. Celui-ci s’effectue le plus souvent dans la douleur du fait des contractions utérines, de la dilatation cervicale et de la distension périnéale31. L’accouchement ne se fait pas toujours par voie basse : le recours à la césarienne, pratiquée depuis l’antiquité, représente parfois plus de 30 % des naissances dans certains pays développés32. Par ailleurs, l’être humain est capable, à l’aide de dispositifs techniques divers, d’assurer la survie d’un enfant prématuré à partir d’un âge gestationnel d’environ vingt-cinq semaines33.
À la naissance, le petit est complètement dépendant de sa mère. Cette dernière peut l’allaiter
pendant plusieurs mois, parfois plus d’une année, et le garde à ses côtés au moins jusqu’à la puberté.
 
Même s’il existe des exceptions, Homo sapiens possède une très forte tendance monogame2. Les couples forment le plus souvent la base de la structure familiale et sociale, s’établissent dès la puberté et durent en général jusqu’à la mort. Cette tendance s’explique par le très fort investissement que nécessitent la protection et l’éducation des enfants, rendant nécessaire d’un point de vue évolutif la cohésion du couple. Il s’agit là encore d’un caractère distinguant l’Homme des autres hominidés. L’espèce humaine est une espèce à stratégie de reproduction de type K.
 
Cette tendance monogame est cependant contrariée par la discrétion de l’œstrus évoquée précédemment et par les différences mentionnées de comportements pendant cette période27,29. Ces caractéristiques permettent en effet à la femme de diversifier l’apport en matériel génétique extérieur, tout en bénéficiant du soutien et de l’apport en ressources de l’homme avec lequel elle a établi un foyer2,34,35.
 

COMPORTEMENT

 
LE SOURIRE, ÉLÉMENT DE COMMUNICATION NON VERBALE
 
L’homme est un animal diurne, même s’il peut se tenir éveillé la nuit. Son rythme circadien n’est d’ailleurs pas tout à fait ajusté à la durée du jour[réf. souhaitée].
 
Comme tous les hominidés36, l’homme manifeste un comportement social complexe et dispose d’aptitudes à la communication telles qu’une expressivité faciale, accentuée chez lui par la mobilité des sourcils qu’offre l’absence de bourrelet sus-orbitaire2. Un autre élément notable de l’expressivité faciale chez l’homme est la forme des yeux. En effet chez l’homme le blanc de l’oeil est ostensiblement visible et permet de suivre aisément la direction du regard. Cette particularité est unique parmi les mammifères, et peut-être même dans tout le règne animal26.
 
L’homme est capable de vocaliser un langage articulé complexe, appelé parole, et dont l’usage particulier, appelé langue37, se transmet de façon culturelle38. A un degré bien moindre que l’articulation, le langage implique parfois l’usage de clics.
 
L’homme dispose aussi d’un réflexe respiratoire et nerveux, appelé rire, qui permet d’exprimer la joie ou l’incongruité d’une situation. Le rire semble inné et propre à l’espèce, mais il existerait néanmoins sous une forme moins accentuée chez d’autres primates et même chez les rats. Le rire est doté d’un pouvoir communicatif et peut faire office de signal d’apaisement dans une situation éventuellement conflictuelle.
 
Le rire possède une version atténuée se limitant à une expression faciale, appelée sourire, qui semble ne pas avoir d’équivalent non plus chez les autres hominidés à l’exception peut-être du chimpanzé[réf. nécessaire]. Contrairement au rire, le sourire peut être déclenché de façon consciente2, ce qui lui fait jouer un rôle particulier dans les conventions sociales : le sourire est dans certaines cultures un élément de salutation requis par la politesse39.
 
Les humains sont aussi capables de pleurer, surtout dans les premiers stades de leur vie.
 
Les humains forment des sociétés complexes et souvent hiérarchisées, dont le fonctionnement est essentiellement basé sur une répartition des activités qui peut prendre la forme de la division du travail. Au sein de ces sociétés, chaque individu peut avoir des moyens de subsistance extrêmement variés, qui dépendent du type de société dont il s’agit, et de la position hiérarchique qu’il y occupe40. Ces sociétés s’affrontent souvent dans des conflits appelés guerres, le plus souvent liés au partage des ressources ou à l’occupation territoriale.

 

CULTURE

Homo sapiens manifeste une activité culturelle variée, qui se présente notamment sous forme :
–          d’une langue ou de plusieurs langues orales ou non, ainsi que la perception culturelle du monde véhiculée par cette ou ces langues.
de rites, de croyances.
–          de connaissances et de savoir-faire techniques et scientifiques : pratiques agricoles par la domestication de différentes espèces animales et végétales, amélioration de l’habitat, soins médicaux…
–          d’usages comportementaux et sociétaux : tabous alimentaires, modes vestimentaires, coutumes et traditions, etc.
–          de pratiques et confection d’objets artistiques.
 
On admet qu’il existe des cultures simples chez les autres primates actuels (méthode de toilettage, outils à termites…)41 mais ce n’est qu’au sein de l’espèce humaine que l’on constate une modification de la culture avec un aspect cumulatif, ce qui lui permet d’atteindre un haut niveau de complexité42.
 
Un aspect important de la culture humaine, qui améliore à la fois sa transmission et son accumulation (mais aussi le dogmatisme), est l’existence de l’écriture.
 
La culture est hétérogène et différencie des groupes d’individus. L’étude de ces groupes appelés peuples et de leurs différentes caractéristiques est l’objet de l’ethnologie.
 
Les premières cultures techniques qui se sont traduites par la confection des premiers outils ou la maîtrise du feu sont bien antérieures à Homo sapiens. Les premiers rites funéraires sûrement liés à des croyances, les premiers objets artistiques ou décoratifs sont attribués à Homo neanderthalensis43. En revanche, l’art préhistorique, qu’il soit pariétal, rupestre ou mobilier, et les premières représentations humaines font leur apparition au début du Paléolithique supérieur, chez l’espèce humaine moderne.
Premières représentations de Homo sapiens
La Dame de Brassempouy, l’une des plus anciennes sculptures connues représentant une tête humaine
 
Bien que les premières manifestations de préoccupations esthétiques ou symboliques soient attribuables à l’homme de Néandertal et datent du Paléolithique moyen, les plus anciennes représentations humaines sont le fait d’Homo sapiens et peuvent être datées du Paléolithique supérieur (vers 40 000 à 10 000 ans BP). Ainsi à l’Aurignacien (vers 40 000 à 28 000 ans BP), premier faciès culturel attribué à l’homme en Europe, sont associées les statuettes de Vogelherd, de Geissenklösterle et de Hohlenstein-Stadel qui restituent des figures en ronde bosse représentant des mammouths, des félins, des ours, des chevaux et des hommes. Dans l’art pariétal, la représentation de vulves féminines et d’individus mi-homme mi-animal est attestée, comme à la grotte Chauvet. Au Gravettien (29 000 à 22 000 ans BP) sont sculptées des figures féminines dites « Vénus paléolithiques ». Au Magdalénien (19 000 à 10 000 ans BP), les représentations humaines sur paroi ou sur objet se font plus fréquentes.

 

CULTURE ET BIOLOGIE HUMAINE

Certains aspects de la culture humaine, notamment la médecine, et les connaissances scientiques et techniques, influencent les processus biologiques et reproductifs, et ont un impact sur l’espérance de vie ou la fécondité, et sur la démographie.

 

PLACE SUR LA TERRE

Démographie humaine depuis 12 000 ans.
Par sa capacité à maîtriser des techniques lui permettant d’affronter des conditions climatiques difficiles, Homo sapiens prospère sur toutes les latitudes et sur tous les continents, à l’exception notable de l’Antarctique.
 
Il a tendance à se regrouper à l’intérieur de villes et de grandes cités de plusieurs millions d’habitants, situées le plus souvent en bordure d’un cours d’eau. Ailleurs, il occupe l’espace indirectement, notamment de par son activité agricole, qui façonne le paysage et influe énormément sur les écosystèmes.
 
Il ne connaît actuellement aucun prédateur, à part peut-être lui-même, car il subsiste encore en zone intertropicale (bassin du Congo, Papouasie) des tribus traditionnellement anthropophages.
 
L’homme peut chasser n’importe quelle espèce animale, et est même capable de chasser des animaux normalement considérés comme des superprédateurs. Pour cette raison, l’homme est parfois considéré comme le superprédateur ultime.
 
L’effectif humain était estimé à 7 milliards d’individus au 31 octobre 201146. Il a particulièrement augmenté au cours du vingtième siècle. À titre indicatif, il était inférieur à 2 milliards d’habitants en 190047.
 
On s’attend à ce que la population mondiale atteigne un pic aux alentours de 9 milliards d’individus en 2050, et qu’ensuite elle diminue sensiblement en raison du phénomène de transition démographique. On ignore à l’heure actuelle à quel niveau elle pourrait se stabiliser, ni même si elle se stabilisera48. L’éventualité d’un crash démographique est en effet envisagée.

IMPACT SUR L’ENVIRONNEMENT

Homo sapiens exerce un impact important sur son environnement, essentiellement du fait de ses activités agricoles et industrielles. Dans certaines régions du monde, cet impact est ancien ; par exemple, la déforestation de la Chine a été entamée il y a 8 000 ans environ. On a longtemps pensé que l’extension de l’agriculture en Afrique centrale avait été rendue possible uniquement par un recul naturel de la forêt tropicale humide primaire qui serait dû à des périodes de sécheresses sévères, longues qui se seraient succédé il y a 3 000 ans environ49. Mais l’analyse50 des sédiments anciens déposés par le fleuve Congo, qui offrent un enregistrement continu du Climat d’Afrique centrale pour les 40 000 dernières années, réalisée par des géochimistes, montre que la responsabilité humaine pourrait être au moins en grande partie à l’origine de la relativement brusque disparition de forêts tropicales d’Afrique centrale (il y a 3 000 ans environ), via une déforestation active qui a augmenté l’érosion, intensifié les intempéries et asséché cette partie de l’Afrique49.
 Les carottages de sédiments fournissent des données montrant des modifications des précipitations normalement corrélées aux flux de sédiments pour la période de – 20 000 à – 3 500 ans, mais depuis près de 3 000 ans, on observe «  un découplage total » entre précipitations et érosion, montrant que dans ce cas « le climat ne peut pas être le seul facteur expliquant la déforestation ». L’équipe [Laquelle ?] suggère que les ancêtres des actuelles ethnies bantous de l’actuel Nigeria et Cameroun, connus pour avoir entamé des migrations en l’Afrique il y a environ 4 000 ans, ont eu « un impact significatif sur la forêt tropicale » en déforestant pour l’agriculture et pour les forges permettant la métallurgie du fer.
 En 2012, de nombreux paléobotanistes51 peinent encore à croire que les outils disponibles à l’époque aient pu permettre aux premiers bantous de la région d’abattre assez d’arbres pour causer des érosions de cette importance, plus graves que ceux produits par les abattis avec culture sur brûlis actuellement selon Katharina Neumann51. D’autres52, estiment aussi qu’un réchauffement climatique a plutôt été en grande partie responsable de la perte de la forêt tropicale d’Afrique centrale, mais que les premiers bantous ont effectivement pu exacerber un recul des forêts induit par un réchauffement49. Bayon estime lui-même que ces données ne contredisent pas les théories existantes, mais illustrent « combien la combinaison de la culture et le climat peuvent affecter l’environnement. Les êtres humains peuvent avoir un impact énorme sur les processus nature »49. Pour David Harris 53, l’étude pose par contre des questions importantes concernant les impacts climatiques de la déforestation et d’autres activités humaines susceptibles d’exacerber les effets d’un changement climatique, « qui devraient nous inciter à plus de vigilance quant aux impacts contemporains de l’exploitation forestière, des transports modernes, des groupes déplacés par les conflits, et des marchés modernes pour l’alimentation et les produits forestiers »49. L’Homme semble aussi en zone tempérée responsable en Eurasie et Amérique du nord de l’extermination de presque toutes [Lesquelles ?] les espèces de la grande faune et mégafaune qui avait survécu à 3 glaciations.
 Son besoin [Pourquoi ?] en surfaces agricoles [Lesquelles ?] l’a amené et l’amène encore à déforester, ce qui a tendance à provoquer la réduction voire la destruction du milieu de vie de nombreuses autres espèces (animales, végétales, fongiques, terrestres et aquatiques). Ce phénomène est ancien en zone tempérée de l’hémisphère nord, et récent mais très rapide au niveau des forêts tropicales et humides telles que celles d’Amérique du Sud et d’Indonésie et d’Afrique (Bassin du Congo par exemple). La disparition accélérée de groupes entiers d’espèces animales, végétales et fongiques qui en découle, est parfois qualifiée d’« extinction de l’holocène » ou de « 6ème extinction ».
L’agriculture intensive fait un usage important d’engrais, de pesticides et de désherbants chimiques, dont l’innocuité sur la qualité des sols ne fait pas l’unanimité.
Le besoin croissant en énergie (industrie, chauffage, transports) pose problème du fait de l’utilisation d’énergies fossiles, qui par leur combustion dégagent des gaz dits à effet de serre contribuant au